Je peins, donc je suis

dimanche 29 janvier 2017
par  Etienne Brunet

Pour cet article, nous vous proposons de partager le plaisir de découvrir les travaux de quatre élèves de première L, accompagnés de quelques extraits leurs présentations... Ces petits textes permettront à chacun de comprendre comment nos élèves développent leurs projets.

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« L’intitulé de ce sujet semble volontairement faire référence au célèbre principe de René Descartes « Je pense, donc je suis ». A travers cette affirmation, le philosophe invite à considérer que l’existence de chacun tient à la conscience qu’il a d’exister. Avec « je peins, donc je suis » on remplace le terme « penser » par celui de « peindre » et on déplace ainsi le point de vue tout en gardant ce lien à l’existence. Etre soi, savoir que l’on existe, peut résulter d’un processus de création artistique. Le sensible et l’émotion pourraient ainsi permettre de dire qui l’on est. Pour ce projet, le but n’est pas réellement de se représenter soi-même en se peignant ou de parler de sa vie. L’objectif est de montrer une partie de nous, ce que l’on veut à travers l’art, d’exprimer notre position, notre ressenti et notre place dans l’art et dans le monde…"
Naïs G
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Lier mouvement et nature

« Ce qui pour moi caractérise qui je suis passe par deux aspects artistiques liés : le mouvement du corps exprimé à travers la danse et l’ancrage dans la terre comme matériau. Ces deux composantes sont pour moi indissociables. C’est là ma démarche. La danse me touche au plus profond de mes entrailles. Je pourrais danser n’importe où, n’importe quand, dans le bruit ou dans le silence. Le flamenco est mondialement reconnu comme un art. Ses racines peuvent se trouver dans la fusion entre différents styles musicaux gitans. Le flamenco est ancré dans la terre. Ce n’est pas une danse aérienne : il y a un lien fort entre les racines et le ciel, le haut et le bas. Mes origines font aussi que cette terre, et cette danse sont ancrées en moi et font partie de moi. La terre c’est aussi les origines, le substrat à partir duquel naissent les hommes et la nature. Ce sont tous ces éléments qui m’ont amenés à faire un lien entre le mouvement et la nature : on retrouve cette idée d’ancrage dans la terre, dans les arbres. L’humain a besoin de nature pour vivre : respirer, boire, manger sont trois bases fondamentales de la survie qui ne sont possibles que grâce à la nature. Les arbres et les plantes sont indispensables à la purification de l’énergie vitale.

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C’est donc ce lien fort entre le flamenco et la terre que j’ai voulu mettre en évidence. Avec la nature comme avec la danse, nous nous sentons et nous sommes connectés à la terre. Nous nous sentons reliés, et nous prenons conscience de notre corps dans son intégralité…"

Naïs G.

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Porter son regard sur le monde

« Si l’on suit le raisonnement du sujet, on en vient à chercher la source de la démarche artistique, son commencement et l’affirmation de l’artiste à travers sa création. Pour moi le regard de l’artiste sur toute chose peut être à l’origine de cette démarche, son identité transmise par sa vision du monde et ses observations (…) J’ai représenté des yeux et des regards sur des formats différents en utilisant des médiums et des techniques variées. (…)

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Porter son regard sur le monde, observer. Créer plastiquement sa vision des choses, c’est travailler son regard et affûter son sens de l’observation. Lorsque j’étais enfant, si je n’avais pas eu cette envie de me servir de ce sens pour comprendre ce qui m’entourait, jamais je n’aurais eu l’idée de reproduire, créer, peindre…
Ici, j’essaye de situer mon regard, de le comprendre. Je l’ai cherché en exploitant des méthodes et techniques différentes (…) J’ai relié l’ensemble par des fils colorés, détendus, portés par les airs, cela crée une connexion entre chaque regard : moi-même.
Plus généralement ces fils représentent une démarche artistique, parfois floue, mais qui finalement débouche sur un ensemble.

Anna M.

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Je peux être qui je veux

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« Sur un présentoir à trois volets, je voulais représenter une personne (en trois parties) qui pourrait changer de buste, de tête, de jambes (…) J’ai donc dessiné trois sortes de personnes avec des styles totalement différents (…) mais avec ma tête pour répondre au sujet (…) Je souhaiterais que le spectateur comprenne qu’en dessinant, je peux être qui je veux (…) et qu’avec une imagination infinie, je peux tout représenter (…) Ce n’est pas un autoportrait, même si j’utilise ma tête… je ne me représente pas directement »
Anouk G.

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Où suis-je quand je crée ?

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« Où suis-je quand je crée ? Ni ici, ni ailleurs, mais dans un nulle part n’appartenant qu’à moi… Et j’ai voulu représenter cet espace (…) La montagne évoque le lieu où je vis et où j’ai grandi… A ce lieu familier s’oppose un espace infini et irréel. (…) Quand je crée, je me sens vraiment exister, dans un autre espace. La jeune fille semble flotter dans l’espace et s’enfoncer dans la mer (…) en un sens elle se noie dans son imaginaire. Elle prend du recul sur ce qui l’entoure. (…) En regardant mon travail je reste surprise et perplexe. Je ne reconnais pas cet espace, et je ne me reconnais pas… mais je trouve que chercher à représenter ce qui pour moi n’est pas représentable est plus intéressant… que la représentation elle-même »
Clara G


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